SEMAINE SUR LES CIMES ITALIENNES

 

Par JM Clément

 

     Sur le site des Cents Cols, depuis quelques temps, on voyait apparaître des récits sur le Val Maira, entre Ubaye française et Cunéo en Italie. Il n’en fallait pas plus pour allécher deux des chasseurs de cols du C.R.M, à savoir Jean Marc Clément et Guy Ruffié.

Renseignements pris et cartes achetées nous voilà donc partis pour quelques bonnes sorties sur les crêtes du Piémont.

     Nous nous étions donné rendez vous au gîte de Villargaudin, hameau d’Arvieux au pied de l’Izoard et nos périples ont commencé le dimanche matin

  Samedi soir : le gite de Villargaudin
     Nous nous retrouvons le soir au gite, JM est arrivé par le Galibier et l’Izoard tandis que Guy, arrivé le matin, est allé faire quelques cols nouveaux dans les parages

 Descente du col d’Izoard Château Queyras

  Dimanche : matin, les granges de Clapeyto, après midi, le Queyron

     Le temps s’est gâté dans la nuit et, malgré la menace, nous décidons de faire quelques kilomètres en voiture jusqu’au hameau de Brunissard puis d’enfourcher nos montures. Au bout de 2km, il commence à pleuvoir, rapidement il faudra « bâcher ». La petite route se transforme très vite en piste et la pente devient de plus en plus sauvage. Aux granges de Clapeyto, il nous faut nous faire une raison: un abri s’impose. Une grange en ruine nous abrite un moment puis nous décidons de redescendre et de faire un petit col pour JM au passage. A la voiture nous sommes trempés et nous retournons au gite.

     Le temps de déjeuner et la météo s’améliore. Changement de tenue et c’est reparti pour la piste au dessus du hameau vers le lieu dit le Queyron. C’est un charmant plateau que nous laissons bien vite pour suivre un chemin piéton qui surplombe en corniche la vallée du Guil. Nous atteignons le col de la Lauze et faisons demi-tour pour nous économiser en vue du lendemain

A l’abri Temps bouché
Granges de Clapeyto        Le Collet
Plateau du Queyron Vallée du Guil
La corniche Crêtes au dessus du Guil

  Lundi : La crête du Malrif

     Nous partons tôt du gîte et remontons en voiture jusqu’à Abries vers l’amont. A Abriès nous prenons la piste qui monte vers le lac du Malrif et s’arrête à une bergerie. Après une petite descente c’est l’attaque avec le vélo sur le dos, quelques marcheurs s’apitoient mais pas longtemps car ils sont rapidement « largués ». Montée sévère au lac du Malrif où il y a la foule puis direction le pic du Malrif (2906 m) au dessus du lac. Passage au col du Malrif et nous filons, par une traversée immense et quelques portages violents, vers le col du Rasis. Une pause au petit lac qui le précède et nous passons le col à 2921m, point culminant du jour. De là, au milieu des cailloux et des parterres de fleurs nous atteignons le col de Thures à 2797 m. Le casse croûte s’impose avant une descente infernale de 900 m cyclable sur la moitié basse. Nous passons devant une chapelle en réfection et finissons enfin sur une piste puis sur une route qui nous ramène à Abries. La météo, limite sans pluie, nous a permis de faire un tour extraordinaire.

     Revenus à Abries et devant la « mousse » nous décidons de passer en Italie. Nous remonterons le col d’Agnel et nous logerons dans un hôtel super au village de Sempeyre.

Au pied de la difficulté Lac du Malrif
Au pied du Pic (2830 m) Lac depuis le pic
Guy à l’effort                               Au pied du Rasis
Panorama depuis le col Col de Thures

  Mardi : Les cols Intersile (3cols), Sibolet et Esischié

     Après une nuit réparatrice nous passons le colle di Sempeyre et allons nous poser à la pension Ceaglio à Vernetti-Marmora.  Une fois installés et vu l’heure nous faisons quelques kilomètres en voiture puis démarrons de l’église SS Giorgio et Massimo. Route puis rapidement piste nous amènent au colle Intersile Nord (2026m) puis Sud (2089m). De là une erreur nous fait sillonner le décor mais bien vite nous sommes au pied du mur. Une montée, d’abord très sévère en portage puis poussage dans les rhododendrons, nous fait accéder au colle Intersile (le 3ème) à 2516m. Au milieu des vaches nous poursuivons vers le colle Sibolet (2532m) où nous déjeunons devant un panorama somptueux. Par une piste piétonne très cyclable nous avançons sur une crête immense puis atteignons le col Esischié (2370m). De là nous redescendons à Marmora par la route aux pentes impressionnantes.

     Le soir à la pension Caeglio nous sommes un peu surpris du nombre de plats et surtout de l‘ordre dans lequel ils sont servis mais c’est bon et copieux. Le logement est impeccable.

Colle di Sampeyre Crêtes de Valcavera
Le mont Viso En vue du col Intersile n°3
Au Colle Intersile(3)     Entre Intersile et Sibolet
En vue du colle Esischié La Fausto Coppi
  Mercredi : La piste de Valcavera 1

     Ce matin départ matinal et rude montée routière aux cols Esischié, Valonetto, dei Morti avec la stèle Pantani puis Valcavera. Le temps est magnifique et nous partons sur les pistes et les chemins faire tous les cols qui sont à notre portée. Nous déjeunons au col della Badia (2408m) et filons vers des sentiers aériens et magnifiques. Au col Servagno (2588m) nous visitons une casemate coupée en deux par le gel car non ferraillée. Des galeries s’enfoncent dans la montagne pour accéder à d’autres casemates de l’autre côté du col. On trouve aussi des casernements délabrés un peu partout. Les militaires italiens n’ont pas du s’amuser dans ces lieux austères et retirés, humides et glaciaux. Nous descendons ensuite vers le refuge de la Gardetta où nous passerons une bonne nuit après un frugal repas…

                Montée à Esischié                   Stèle Pantani
Plateau de Valcavera Colleto de la Meja
Piste du col Valonetto JM vide la source
Casemates au col Servagno Casemate fendue en deux
  Jeudi : La piste de Valcavera 2

     Nous démarrons tôt du refuge et atteignons rapidement le passo Bernoir (2594m) par un bon poussage dans les pelouses et un bout de piste aérien. La descente vue du col n’est pas engageante mais nous sommes rapidement dans une longue traversée dans les dévers et les chaos puis nous remontons en direction de la piste horizontale en face, surplombée par des ruines vers la Bassa de Terra Rossa (2422m) en A/R. Nous filons alors sur le colle Oserot (2640m) au fond d’un cirque. De là un chemin abimé part vers une casemate et d’autres cols que nous n’avons pas le temps d’aller chercher. C’est de l’ambiance haute montagne et nous repartons en passant le passo de Rocca Brancia (2620). Sa descente par un chemin aérien est splendide et nous y croisons de nombreux promeneurs. Après le passo de la Gardetta (2437m), par la piste nous rejoignons la route au col del Preit (2083m). Une descente vertigineuse nous enchante et avant de rallier la pension nous bifurquons à gauche vers le collet San Giovanni (1649m) et le colleto Canosio (1650) en aller-retour et sous une chaleur abominable. Une halte « mousse » s’impose avant d’arriver à la pension.

Départ de la Gardetta                          

Panorama au passo Bernoir
Passo Bernoir Casemate

    Piste de Terra Rossa            

Colle Oserot
En piste pour Oserot Panorama du col d’Oserot
              
Piste sous Oserot Descente de Rocca Brancia
Belle pente Colle San Giovanni

  Vendredi : Sempeyre et la piste des canonniers

     Aujourd’hui nous attaquons au nord. Parking vers Stroppo puis très longue montée vers le col de Sempeyre en faisant au passage les cols Bettone (1834m),un autre San Giovanni (1875) et le col de la Cavallina (1941)  Nous filons à gauche sur la piste dite des canonniers vers les colle Bercia (2337) en poussage, Terzière (2273m) et de la Bicocca (2285) où trône une guérite bien ventée avec un panorama exceptionnel. Le temps devient franchement couvert et nous repartons vers Sempeyre ; quelques minutes après c’est l’orage qui commence et il faut passer les vêtements de pluie. Au colle Sempeyre nous sommes dans le brouillard, une jeune fille scoute arrive à nous tirer le portrait et nous repartons sur la même piste mais de l’autre côté. Cette piste se dégrade de plus en plus, nous pointons à la Bassa d’ell Adjet (2328m) mais les cols suivants nous échapperont car on n’y voit goutte. Par un chemin plus qu’épouvantable nous entamons une descente très longue et atteignons un village typique et quasi abandonné. Entre temps Guy a cru son appareil photo perdu irrémédiablement mais il ressurgi des tréfonds pour quelques vues sur des maisons très anciennes pourvues de toits en lauzes de dimensions inhabituelles. Il se met à pleuvoir fortement et nous atteignons le fond de la vallée complètement trempés. A partir de là ce n’est plus du plaisir car nous avons 15km à faire sur une grande route remontant légèrement jusqu’à la voiture.

Eglise de San Peyre       Ermitage San Giovanni
Piste de Sempeyre (W) Piste vers la Bicocca
Colle de la Bicocca                 Panorama Ouest
La sentinelle en faction Colle di Sempeyre
           Où est l’appareil photo ?                Hameau typique
Trois maisons et une église Habitation
  Samedi : les cols perdus et le chemin dit de Napoléon

     Dernier jour, nous décidons d’écumer… Montée aux cols proches delle Basse (2366m) et Solegno Blue (2338) par une piste d’abord mauvaise et pentue puis engazonnée et avec du portage. Le second col sera atteint dans la brume. Nous faisons fuir les 2 malheureux randonneurs qui se croyaient là tranquilles puis nous redescendons et déjeunons au bord de la rivière. L’après midi nous avons en vue le Colleto qui ne comporte pas trop de dénivelé par rapport à nous. Un étroit chemin agréable et cyclable nous conduit vers le colle d’Encuchetta (1523m) puis cela se gâte dans les bois avec des portages sévères. Ce Colleto (1414m) est au bout du monde dans un vieux village presque dépeuplé mais nous l’atteignons enfin. Ensuite c’est le retour par les mêmes portages dans l’autre sens. Heureusement, si le temps est chargé, il ne pleut pas et ne fait pas trop chaud. Nous retournons ensuite à Marmora pour notre dernière nuit.

                    Piste delle Basse                     
Au colle delle Basse
Piste delle Basse, descente Vers Encuchetta
Que dit le GPS? Eglise de Colleto

  En Conclusion :

     La vallée Maira où se trouve Marmora-Vernetti est sublime, nous avons été comblés dans notre activité de Vététistes de montagne. Le cycliste de route y trouve aussi tout ce qu’il cherche et les cols routiers sont nombreux et pentus. La pension Ceaglio où nous avons logé est à recommander, il y avait un maximum de « teutons » vététistes pas du tout sympathiques. La météo a été presque parfaite pour nous aventurer dans la haute montagne où des centaines de marmottes ont donné l’alarme à notre passage. Aucun ennui d’aucune sorte. Nous retournerons dans le coin car notre moisson fut large (+ de 40 cols) mais combien incomplète…

 

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