Il n'y a pas que les escargots qui randonnent sous la pluie... le CRM aussi!!

 

Cette année, rompant avec la tradition de fidélité à Pâques en Provence établie depuis plus de 2 décennies, le CRM osait le changement et, en se rendant dans le Quercy, prenait le risque d'en être puni.

            Rien à dire, la météo avait été honnête, elle n'avait rien caché du déluge durable qui allait s'abattre sur notre week-end pascal. Mais comme nous sommes d'un optimisme forcené, jusqu'au dernier moment nous avons espéré que les prévisions ne deviendraient pas réalité. Et puis 'positivons' quand même, le vent était majoritairement favorable!

De toutes façons, pour une douzaine d'entre nous l'engagement était pris d'y aller à vélo, aucun équipier ne pouvait faire faux-bond sans disqualifier son équipe.

            Pour nous, Alain et moi, le voyage fut plutôt correct. Partis un jour avant nos 8 poursuivants des  traces Vélocio, nous avons bénéficié d'un vendredi idéal, gris au départ certes mais sec et même ensoleillé vers la fin du parcours. Après un début de trajet pénible au milieu de la circulation intense de ceux qui, banalement, se rendaient à leur travail, la vraie aventure commençait à Montauban sur de jolies petites routes inconnues, par Molières et Montpezat de Quercy. L'allure avait été constante et efficace et l'étape, préalablement prévue jusqu'à Lalbenque, fut rallongée de 35 kilomètres pour alléger l'étape du lendemain... au cas ou il pleuvrait...

Un peu déroutés par les changements de numéro des routes modifiées pour la construction de l'autoroute A20 et par quelques panneaux directionnels inattendus, mais fidèles à l'itinéraire tracé nous parvenions à Vers autour de 18h, juste après avoir vérifié que, non, il n'y a pas de pont à Arcambal (comme je l'avais cru un instant en regardant la carte trop vite), qu'il fallait donc continuer sur la même rive du fleuve et absorber une dernière bosse sur la petite route bucolique et tranquille surplombant le Lot. Cette fin de parcours touristique terminait très agréablement la première journée, l'hébergement à l'hôtel 'la Truite Dorée' ajoutant une bonne note gastronomique et une nuit confortable.

            Le lendemain matin, le ciel plus bas était tout barbouillé d'un mauvais gris, mais il ne pleuvait pas encore. Les 10 premiers kilomètres nous ont donné l'illusion que nous allions y échapper. Malheureusement, à Saint-Martin-de-Vers la météo tenait ses promesses et la pluie n'allait plus cesser. Passé Labastide-Murat, il fallut franchir quelques rudes toboggans pour atteindre Gramat. Nous y laissâmes Jean-Marc, Christiane et Roger pour terminer cette petite étape à travers la verte et douce campagne en plongeant vers la Bave, petite rivière enjambée par le vieux Pont de Maday (joli pont en arc du XIV reconstruit).                  

            Il pleuvait fort à Muret aussi le samedi matin et la pluie a accompagné les équipes des traces Vélocio du début à la fin de leur voyage, le dimanche midi. Comme nous, venant de Vers le deuxième jour, ils sont arrivés tout dégoulinants et soulagés d'en finir non pas avec le voyage mais avec l'inconfort et l'insécurité inhérents au mauvais temps.

            La pluie a continué de tomber, imperturbable, jusqu'au lundi matin. Encore une fois merci à Jean-marc qui avait pris en charge le transport de nos bagages, nous permettant de voyager 'légers' à l'aller, et qui nous a ramenés à Muret. Au moment de quitter Biars et la permanence de la concentration, le brouillard enveloppait toujours la région nous laissant comme un goût d'inachevé et la frustration de ne ramener que de rares images ternes, certainement bien loin de refléter l'attrait réel, à peine entrevu, de ce proche coin de France.

Le prochain Pâques en Quercy ne pourra de toutes façons pas être pire, il faudra donc y revenir, ne serait-ce que pour remercier par notre présence tous les bénévoles qui assurent, chaque fois, une telle organisation, et pour refaire les bonnes photos.

            Ces rassemblements me font toujours penser aux grandes réunions d'une famille dispersée aux quatre coins de la France. On ne se voit pas très souvent mais à l'occasion des concentrations on se croise, on se retrouve, on discute, on prend des nouvelles des absents, on parle de ses projets, on raconte les dernières balades et... on oublie la pluie.                                   

                                                                                                        Chantal Sala

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