que d'émotions!

 

     Ce week-end du 15 août, programmé chez mes parents à SALIES de BEARN, devait être chargé d’émotions, et il le fut.

     Quatre raisons à cela.

     Tout d’abord, mes parents nous avaient conviés à leur anniversaire de mariage : 50 ans ça se fête.

    Ensuite, Vincent, notre second, concourait au Championnat du Monde de lancer d’espadrille, discipline très sérieusement pratiquée dans le BEARN, et le résultat allait dépasser toutes nos prévisions.

     Par ailleurs, cela faisait bien longtemps que je n’avais plus salué le géant des HAUTES PYRENEES, et je m’étais proposé de rallier SALIES en escaladant le TOURMALET de nuit : grands frisons garantis.

     Enfin, Baptiste, le petit dernier, avait décidé qu’il était grand temps, à 3 ans et demi, d’enlever les petites roulettes à l’arrière de son vélo.

     Départ pour SALIES : tenue complète exigée : le TOURMALET connaît les Cyclo Randonneurs de MURET 

CAZERES sur GARONNE côté pile et côté face.

     Aux pieds de SAINT-GAUDENS, une étrange machine élève des pyramides de bois transformé.

SAINT-GAUDENS : il est temps de déjeuner.

     Début d’après midi au delà de MONTREJEAU : les choses sérieuses s’annoncent au loin.

CAPVERN : la route est très vallonnée surtout après l’abbaye de l’ESCALADIEU

   

18 heures : je plonge enfin sur BAGNERES de BIGORRE.

 

     Passage à CAMPAN et ses célèbres MOUNAQUES : autrefois lorsqu'un homme de la vallée de CAMPAN se mariait en dehors de la norme, par exemple un veuf qui épousait une jeune fille, il était l'objet d'un « charivari », manifestation de moquerie assez violente. Le couple était alors représenté sous forme de poupées grossières, les MOUNAQUES.

     SAINTE MARIE de CAMPAN : son église Notre-Dame-de-l'Assomption. Une pensée pour Eugène CHRISTOPHE, grand malchanceux du Tour de FRANCE 1913, renversé par une voiture au sommet du TOURMALET, et contraint de rejoindre à pied SAINTE MARIE de CAMPAN pour y réparer lui même son vélo dans la forge du village.

     SAINTE MARIE de CAMPAN : l’Hôtel des Deux Cols, hôtel que je déconseille vivement pour l’accueil très désagréable qu’on m’y réserva. La garbure était néanmoins excellente.

 

     La même église à 4 heures du matin, après quelques heures d’un sommeil très relatif, trop inquiet de ne pas retrouver mon vélo dans l’arrière cour. Quant à la clef du portail, elle avait effectivement été laissée dans les WC de la cour. Ouf, me voici de nouveau en mouvement.

     Le temps est frais. La pente est sévère. Après GRIPP, le franchissement du premier pare avalanche.

 

     Les pare avalanches s’enchaînent : l’ambiance est grandiose. Je mouline avec application.

     A l’approche de La MONGIE, je décide d’un petit déjeuner car les « batteries donnent des signes de fatigue ».

     Le jour se lève : je suis pile dans le timing pour bientôt voir le soleil se lever sur l’observatoire du PIC du MIDI

     Au sortir de La MONGIE, il faut toujours autant s’arracher mais le jour est maintenant là.

     Des lamas ont remplacé les vaches d’antan, tout aussi peu farouches.

     L’observatoire, tel un paquebot posé sur une cime. Surréaliste et magnifique.

     Le TOURMALET est franchi : il ne me reste plus qu’à filer plein ouest.

     Dans la descente : le génie de l’Homme dans toute sa splendeur

     Milieu de matinée : le château de LOURDES jouxte la basilique mais il est bien moins connu que sa célèbre voisine

     LESTELLE BETHARRAM et son sanctuaire des XVIe et XVIIe siècles, joyau de l'art baroque en Béarn. La tradition rapporte que la vierge y sauva une jeune fille de la noyade en lui tendant un rameau (bétharram en béarnais).

     J’entre dans les PYRENEES ATLANTIQUES : les champs de maïs en témoignent : déjeuner à NAY au sud de PAU      LACQ et ses dernières torchères : les vestiges d’une activité industrielle intense qui débuta en 1949, époque des premiers forages de gaz et de pétrole
    SALIES de BEARN et ses thermes. Selon la légende, un sanglier serait à l'origine de la ville, car blessé par des chasseurs, il fut retrouvé mort plusieurs jours après dans un très bon état de conservation, gisant dans un marais d’eau salée. Le sel a depuis fait la richesse de SALIES

  330 km bien vallonnés : content d’arriver.

     Papa connaît bien le TOURMALET : toujours aussi dur

     Le lendemain matin, le choses sérieuses commencent : Vincent se qualifie pour les phases finales du 13ème Championnat du Monde de lancer d’espadrilles, position debout, qui se tient à SALIES chaque année.

     Les phases finales se déroulent le soir : le champion du monde en titre est présent dans le dernier carré mais il ne peut dépasser 28,4 m. Vincent place un lancer victorieux à 28,9 m. Le record du monde n’est pas battu (30,2 m) mais Vincent remporte le titre mondial 2009.

     La remise de la coupe par les notables du cru. Vincent dédit sa victoire à ses grands parents

     Le lendemain : repas d’anniversaire de mariage.

     50 ans de mariage : la route est longue et difficile aussi pour en arriver là.

     Et pour finir ce week-end d’exception, Baptiste, le petit dernier, décide qu’il est grand temps d’enlever les petites roues à l’arrière de son vélo.

Je vous l’avais dit : que d’émotions lors de ce week-end du 15 août !