Le Paris-Brest-Paris de Xavier (N°5245)  et Thierry (n°2024)

 

Heures de passage aux différents contrôles - les récits  de Thierry et de Xavier

Thierry est reparti hors délai mais a tenu à terminer son P-B-P: un grand BRAVO à lui aussi.

Un grand BRAVO à Xavier  qui a bouclé son P-B-P en 81h28

Xavier lors du BRM 600km (Photo Guy Vanthuyne)

Arrivée de Xavier à Villaines le 21à 14h47

 

Heures de passage aux différents contrôles
Départ

St Quentin

Villaines

223 km

Fougères

311 km

Tinténiac

366 km

Loudéac

452 km

Carhaix

529 km

Brest

615 km

Mardi 21 Août

Xavier 4h21

Mardi 21

14h47

Mardi 21

20h00

Mardi 21

22h55

Mercredi 22

6h45

Mercredi 22

11h45

Mercredi 22

17h14

Carhaix

697 km

Loudéac

773 km

Tinténiac

858 km

Fougères

912 km

Villaines

1000 km

Mortagne

1082 km

Dreux

1156 km

Mercredi 22

Xavier 22h25

Jeudi 23

6h44

Jeudi 23

12h00

Jeudi 23

15h07

Jeudi 23

20h12

Vendredi 24

5h12

Vendredi 24

9h32

Thierry 21h25

7h18

13h43 et repart le 24 à 9h00

     
Arrivée de Xavier: Vendredi 24 à 13h49

Arrivée de Thierry: Samedi en fin d'après midi

St Quentin: 1225 km

Temps total

Xavier: 81h28    Thierry: ???

Photos André Tignon

Un grand BRAVO aussi à Bernard Aussillou le Président de la Ligue Midi-Pyrénées, ici avec le Belge Marcel Lefebvre la veille du départ, qui a lui aussi terminé P-B-P en 85h05.

Quelques "Cent Cols" au départ. Mais où est Xavier?

haut de page

Le compte rendu de Thierry

Après une semaine de récupération je peux vous raconter ma petite " aventure " sur le Paris Brest .

En m'inscrivant sur le 90 heures je suis parti dans le premier groupe à 21H 30 précises . La nuit s'est bien passée ainsi que la journée du mardi malgré le mauvais temps et suis arrivé à Loudéac vers 22H50 . Quelques heures de repos chez un ami à Loudéac et suis reparti de bonne heure le mercredi vers Brest où le temps était bien meilleur et j'ai pointé à Brest à 14H30 ( mi parcours en 41H00 ) .

Mon tableau de marche à 20 km/h ( avec du repos la nuit ) était respecté , j'avais prévu de rentrer pour la fermeture du contrôle de Saint Quentin à 15H le vendredi .

2 heures de repos et c'est reparti . Rapidement ma condition physique s'est dégradée , je suis arrivé à Carhaix avec un mal au cou et aux cervicales et je ne voyais pas à 3 mètres devant moi sur le vélo car ne pouvant relever la tête . Je suis reparti sur Loudéac où mon ami m'attendait ; il était déjà 3H1/2 du matin avec toujours ce mal au cou . Dodo pour une petite récupération jusqu'à 7H du matin .

Jeudi matin je pointe à 7H20 , on nous avait rajouté 2h à tous les contrôles pour le retour sauf à St Quentin . Je demande à relever le guidon et à rapprocher la selle au maximum à l'assistance ; comme ceci j'avais une position moins allongée sur le vélo .J'atteins Tinténiac sous la pluie vers 13H30 après m'être procuré en pharmacie la pommade "miracle" .

Pas de miracle le mal est bien là : après un massage au poste de secours et en concertation avec le masseur je me décide à voir un médecin et un kiné près de Tinténiac . Il me rassure en me conseillant de me reposer et de repartir le lendemain si je me sentais mieux : la meilleure nouvelle de ce jeudi : pas d'abandon à 360km de l' arrivée .

Vendredi matin après une bonne nuit dans MON lit à 20km de Tinténiac (DINAN) je repars du point de contrôle à 9H ; il ne pleuvait plus et ma santé semblait meilleure . Les délais étant dépassés , le fléchage retiré et plus aucuns cyclos sur le parcours , j'arrive à St Quentin Samedi en fin d'après-midi très fatigué mais très content d'en avoir terminé .

Conclusion : il faut s'entraîner pour un tel parcours , mes 4000 km n'étaient pas suffisants .

Bravo à Xavier que j'ai du apercevoir à Carhaix Mercredi soir .

Thierry pointe à Brest en 41 h

Thierry à l'arrivée le samedi 25 en fin d'après midi

haut de page

Le compte rendu de Xavier

Dimanche 19 août 

            J’arrive en voiture à Paris, avec mon père qui me servira d’assistance. Voilà maintenant une semaine que je n’ai pas regardé la météo. Il faut dire que le temps médiocre de ce mois d’août 2007 ne peut laisser présager qu’une amélioration nette du niveau des températures et de l’hygrométrie. Nous attrapons mon cousin au passage, qui nous guidera jusqu’à St Quentin pour les inscriptions.

            Arrivés sur place, un monde incroyable s’affaire autour des vélos ou essaie tant bien que mal de garer sa voiture, c’est là que je rencontre les premières figures connues; Yvon Boutibonnes, puis Bernard Aussillou, Guy Cenes, la famille Albert dispersée, Christian Cabail. Bref, dans cette fourmilière internationale, quelques figures connues me rassurent quant à ma présence en ces lieux.

Lundi 20 août

            Partant le mardi matin, j’ai consacré mon lundi à une espèce de léthargie agrémentée d’une visite au lieu de départ. Je me suis imprégné des lieux dans l’après midi, il n’y avait en fait rien à voir, excepté quelques partants du soir qui commençaient à arriver et à monter en pression. Les nouvelles de la météo n’étaient alors pas bonnes, et je commençais à apprécier mon choix pour le départ du matin. Même si j’étais remonté à bloc, le fait de savoir que je ne partirai pas la nuit sous la pluie mais au petit jour m’était apaisant. Je suis donc rentré me coucher, réveil réglé sur 3 heures pour être à l’enregistrement à 4 et partir à 5.

 Mardi 21 août

            Les 740 partants du matin sont là, je pointe à 4h20, le départ est dans 40 minutes. Bien que sachant que quelques copains sont du même départ, je n’en repère aucun. Je me concentre, vérifie pour l’énième fois mon éclairage, et m’avance jusqu’au départ. Mon père, dont c’est le premier PBP commence à mesurer l’importance de l’évènement.

            Ca y est, les fauves sont lâchés, nous partons très vite derrière les voitures et les motos de l’organisation, les boulevards de la ville nouvelle de St Quentin scintillent de la lumière orange des gyrophares, l’instant est magique, et les cyclos encore nerveux. Derrière moi, un coup de mitraillette, quelqu’un a fait un strike dans les bornes en plastique, est-il tombé ?, je ne le saurai jamais, il était trop dangereux de se retourner. Vers Montfort l’Amaury, quelques secteurs pavés ont eu raison d’éclairages mal fixés qui jonchent maintenant le sol. Le jour se lève, je roule avec Jean Michel Vermeire ‘le Picard’, le rythme est toujours élevé, il retrouve un copain à lui du genre facile, je les laisse filer, il y a encore 1100 kilomètres. Je trouve un cimetière pour faire de l’eau, il pleut. Un peu plus loin, je me retrouve avec Philippe Demany, je lui propose ma roue, mais il ne la veut pas, une sale bronchite est en train de le gagner, je poursuis donc seul, comme prévu à l’origine. Je le serai pratiquement tout du long.

Je suis à Mortagne, j’ai fait 140 km, j’ai plus d’une heure d’avance sur mon planning. Comptant la garder jusqu’au bout, je décide de réguler sur la moyenne que j’avais prévue. Les cartouches que je viens de griller ne doivent pas m’empêcher de rentrer à Paris, j’ai payé suffisamment cher sur les brevets les excès de vélocité des premiers kilomètres. La route défile, je suis réglé. Arrive Villaines, puis Fougères dans l’après midi, où je retrouve mon père pour la première assistance. Il ne maîtrise alors pas bien le camping gaz et le remplissage de bidon, mais à la fin il sera au point. Une soupe chaude et je repars. Je décide de dormir à Tinténiac, bien que mon objectif de base était Loudéac, je n’ai pas laissé le sommeil trop me gagner. Je dors donc 3 heures dans le coffre de la voiture et repars sur le coup dès 1 heure du matin. Mon objectif est maintenant Carhaix pour midi, puis Brest en aller retour dans l’après midi. Je passe donc Loudéac, roule un peu avec des cyclos de Montastruc, passe les plus mauvaises bosses du parcours et me mets à table à Carhaix avec mon père, qui n’a pas plus dormi que moi depuis le départ. Dans l’après midi, je croise les deux Bernard (Aussillou et Gely) au Roc Trevezel, Chistian Robin un peu plus loin, et arrive tranquille à Brest.

Il me reste 48 heures pour rentrer dans les délais, et encore deux nuits complètes. Je croise des cyclos courageux, manifestement hors délais, mais qui continuent leur chemin vers la rade, je ne sais pas si j’en aurais été capable. Arrivé à Carhaix en milieu de soirée, je dors 3 heures dans le coffre de la voiture. Reparti à une heure, c’est le début de l’enfer, c’est la nuit noire, il tombe des trombes d’eau, le revêtement de la route absorbe tout mon éclairage, j’ai de la buée sur les lunettes, une forte odeur de lisier imprègne mes narines. A chaque carrefour, je m’arrête pour essayer de trouver un fléchage, quand il n’y en a pas, je vais dans la direction la plus probable, et le facteur chance est avec moi, je retrouve Loudéac, puis Tinténiac. Je donne rendez-vous à mon père à Villaine, où je dormirai mes trois dernières heures. J’y pointe à 20h12, il me reste 220 km à faire avant le lendemain 17 heures, le PBP est dans la poche. Je pourrais passer une nuit complète à dormir, mais le découpage du pointage ne le permet pas, il faut que je passe Mortagne avant 7heures Je suis obligé de partir tôt, Cette dernière partie de nuit et la matinée qui a suivi m’ont permis d’arriver avec la majorité des cyclos, aussi la file d’attente était longue au pointage de St Quentin, et mon fan club qui s’était spontanément formé et qui me suivait sue le Web commençait à être fébrile. Je téléphonais à Isa pour qu’elle ait la primeur de mon succès.

Sitôt mon arrivée pointée, mon téléphone sonna, Guy Vanthuyne me félicitait, puis Pierre Pivotto, Jean Marc Clément, bref, toute l’équipe qui m’a suivi, coaché, encouragé, motivé, sur les sorties, les brevets, les entraînements, mes potes quoi…

             A l’arrivée, j’appris que mon parcours avait été mis en ligne sur le site du club, cela m’a profondément touché, et je remercie tout le monde de m’avoir supporté et supporté.

 Les secrets de Xavier :

-         une super assistance paternelle sans défaillance

-         un soutien avoué de la famille et des copains avant le départ et tout au long de l’année

-         de la Musculine ‘G’, gomme faite par des moines dans l’Ain, à base de viande bovine crue, de sucre, de miel et de confiture. Jean Marc Clément, qui me l’a procurée, m’a même dit l’avoir fait bénir pour garantir l’efficacité.

retour      haut de page